Projet de résidence
Ce que nous imaginons
Pour cette résidence à Port Louis nous envisageons un déplacement de notre regard, un élargissement de notre travail commun en cours. Cette résidence est pour nous l’occasion d’aller regarder le hors champs de notre travail filmique,faire se rencontrer autour de questions communes, nos différentes pratiques plastiques : peinture/photographies pour Killian, installation/texte pour Soizic, film/performance pour nous deux, en lien avec le territoire de Port-Louis.
Nous aimerions poursuivre nos recherches autour des notions d’artificialité / nature, de théâtralité, de cérémonial profane/sacré. Toujours portés par une démarche de collage, d’entrelacements de récits(littéraires/cinématographiques/réels historiques et présents liés au lieu), nous souhaitons générer de nouvelles formes in situ. Récolter de sensations, des formes, des récits territoriaux, écouter les présences discrètes, les phénomènes lumineux, atmosphériques et ainsi écrire à partir de cette expérience sensorielle,composer avec les matières réelles en y injectant nos imaginaires.
L’environnement devient pour nous une scénographie dans laquelle nous projetons des actes, des
gestes, un regard.
Pour l’exposition d’entrée de résidence, nous souhaitons investir la galerie dans uni-format immersif (penser la scénographie) avec la présence d’objets réalisés en amont,peintures, dessins, textes, photographies, vidéos sur plusieurs écrans, installation.
Dans un format accessible à la vente, nous pensons à des éditions/livres(photographies/textes) ainsi qu’aux peintures, dessins, photographies imprimées et productions graphiques qui seront exposés tout au long de la résidence.
Durant la résidence nous produiront donc des formes (film, photos, textes, perf, dessins,installations) et alimenterons au fur et à mesure l’espace d’exposition avec nos nouvelles trouvailles. Nous souhaitons un lieu hybride, en mue, qui évolue et ponctué si cela est possible, d’événements performatifs, de lectures publiques (in ou out, hors les murs).
Le finissage sera dédié uniquement aux formes réalisées durant la résidence à Port-Louis. Nous envisageons pour cet événement public une performance ou une lecture poétique à deux voix, un événement chaleureux, convivial pour remercier le lieu, les paysages, les membres de l’association.

Aout 2026
Killian DUVIARD & Soizic T-HERBEL
« Pour l’exposition d’entrée de résidence, nous souhaitons investir la Tourelle dans un format immersif (penser la scénographie) avec la présence d’objets réalisés en amont, peintures, dessins, textes, photographies, vidéos sur plusieurs écrans, installation.
Dans un format accessible à la vente, nous pensons à des éditions/livres (photographies/textes) ainsi qu’aux peintures, dessins, photographies imprimées et productions graphiques qui seront exposés tout au long de la résidence. Les lieux dans lesquels nous travaillons jouent un rôle déterminant »
Mon travail puise sa source dans ma fascination obsessionnelle pour les images et dans le lien étroit et complexe que j’entretiens avec elles. À commencer par les films qui ont saisi ma rétine dans l’enfance. Blanche-Neige et les Sept Nains, Thelma et Louise, Titanic, Barbie et le lac des cygnes... Autant de fictions, de blockbusters, qui malgré moi m’ont atteint et ont forgé mon regard, faisant naître mon désir pour la création. De ces fictions, images pour la plupart bouchées, encombrantes, voire médiocres, je cherche à faire germer de nouveaux récits. Ne souhaitant pas rejeter la sentimentalité qui me lie à ces objets dominants issus de la culture populaire et du capitalisme, je souhaite les désencombrer et les sensibiliser. Me calquant sur des archétypes préexistant et stéréotypés, j’essaie par la superposition, le collage, l’étirement, de les décaler, d’en inventer de nouveaux. Faire muter. Cette recherche prend des formes multiples, circulant entre l’écriture, la vidéo, la peinture et la performance. Pour ce faire, j’interviens sur la matière de ces images, les déformant, les recadrant, les ralentissant ou les déguisant, j’en change la trame initiale. L’écriture est cet espace fondamental qui me permet d’infiltrer ces objets et d’opérer sur eux des transformations.
Killian DUVIARD
----------------------------------------------------------------------------Soizic T-HERBEL développe une pratique d’écriture qui opère dans un mouvement constant de traduction entre le mot et la forme. Texte, installation, performance et vidéo lui permettent de mettre en corps et en espace des mythologies personnelles, liées à la littérature, au théâtre et au cinéma. Elle s’intéresse aux états d’incertitude, d’impermanence, aux zones d’effacement et d’usure, aux boucles répétitives, aux images mentales fulgurantes, ainsi qu’au effets transfigurateurs du temps sur la mémoire.
Entre auto-fiction, poésie et récit, l’écriture est au coeur de ma pratique. Dans un rapport de traduction continu du mots vers la forme, et inversement, l’installation, la performance, la video, me permettent la mise en corps et en espace de mythologies personnelles intimement tissées à la littérature, au théâtre et au cinéma.
Je m’interesse aux états d’incertitude et d’impermanence, aux zones d’effacements, d’usures, aux boucles répétitives, aux images mentales fulgurantes et l’effet tranfiguratoire du temps sur la mémoire. C’est à partir de l’espace flou entre visible et invisible, entre mémoire et oubli que je pense l’écriture. Tournée vers la déficience, les troubles identitaires, l’amnésie, les liaisons mémorielles bancales. Je cherche à donner la parole aux récits brouillés, aux structures éffilochées, aux trous dans la communication.
Entre esthétique empreintée au théâtre et esthétique du reste, (desert, ruine, chantier) souvent réduit en poudre, ces mythologies personnelles sont hybrides, travaillées en collage. Je recycle matériaux, motifs, détails de récits, images, espaces provenant d’artistes-auteurices et de ma propre expérience. A partir d’éléments sources, je viens découper, difracter, dilater, réduire. Je tente d’épuiser les récits pour comprendre où se loge la persistance affective, de quelle manière le sujet continue de se manifester. Des figures/motifs récurrents apparaissent, et sont à chaque fois un peu différents, comme perfusées du sang d’autres récits, ou passés dans une autre mémoire, elles déteignent peu à peu, se décolorent, mutent, s’interpénètrent, se superposent. Je cherche à révéler ces glissements inframinces1 d’une réalité à une autre, là ou quelque chose grince, sans que nous ne sachions jamais exactement où cela agit.
Soizic T-HERBEL